
Vous possédez un bien immobilier en France et envisagez d’étendre votre patrimoine au-delà des frontières. Le marché espagnol représente une opportunité concrète pour optimiser votre portefeuille immobilier existant. En 2024, les acheteurs étrangers ont réalisé 69 690 acquisitions en Espagne, soit une progression de 10,3% sur un an, confirmant l’attractivité persistante du marché ibérique pour les investisseurs européens.
L’arbitrage patrimonial entre France et Espagne
L’arbitrage patrimonial consiste à analyser votre portefeuille d’actifs pour identifier ceux qui ne génèrent plus la rentabilité escomptée et mobiliser cette valeur au service de nouveaux projets. Appliqué au contexte franco-espagnol, ce mécanisme vous permet de transformer la valeur accumulée dans votre bien français en levier pour acquérir en Espagne.
Concrètement, vous pouvez refinancer votre propriété française ou utiliser sa plus-value latente comme apport pour un second investissement. L’arbitrage ne se limite pas à une simple vente, c’est un choix stratégique qui vise à optimiser la structure de votre patrimoine. Avec un marché espagnol affichant un prix moyen de 2 498 € le m² contre plus de 3 800 € en France, votre pouvoir d’achat immobilier se multiplie significativement.
À budget égal, les écarts de surface sont révélateurs. Pour 500 000 €, vous acquérez une villa avec piscine sur la côte méditerranéenne espagnole, contre un appartement de 70 m² à Bordeaux. Cette différence de valorisation crée une opportunité d’arbitrage particulièrement pertinente pour les propriétaires français cherchant à maximiser leur surface patrimoniale.
Les avantages fiscaux comparés
La fiscalité immobilière diffère substantiellement entre les deux pays. En Espagne, l’IBI (équivalent de la taxe foncière) oscille entre 0,4% et 1,1% de la valeur cadastrale. Sur un bien à 200 000 €, vous vous acquittez de 800 à 2 200 € annuels selon la commune. La taxe d’habitation n’existe pas en Espagne, y compris pour les résidences secondaires.
Pour les revenus locatifs, les non-résidents européens sont imposés à 19% sur le bénéfice foncier net[43], avec des charges déductibles incluant les intérêts d’emprunt, l’assurance, la maintenance et l’amortissement. Si vous optez pour une location longue durée de minimum 5 ans, vous bénéficiez d’un abattement de 60% sur vos revenus bruts locatifs en tant que résident. Les non-résidents ressortissants de l’UE conservent la possibilité de déduire leurs frais d’exploitation.
Concernant la plus-value immobilière, les non-résidents espagnols s’acquittent de l’IRNR à un taux fixe de 19%. En France, ce taux atteint 34,5% pour les non-résidents (19% d’impôt et 15,5% de prélèvements sociaux), bien que des abattements progressifs s’appliquent après 22 ans de détention.
La diversification géographique de votre patrimoine
Investir dans l’immobilier en Espagne quand vous détenez déjà un patrimoine français répond à une logique de diversification géographique. Vous ne dépendez plus d’un seul marché national, ce qui réduit votre exposition aux variations locales et aux évolutions réglementaires spécifiques à la France.
Le rendement locatif moyen en Espagne se situe entre 5% et 8% selon les zones[2], contre 3% à 5% dans les grandes métropoles françaises. Valence affiche environ 6%, Madrid autour de 5,2%, tandis que certaines zones côtières dépassent les 7%. Murcie atteint même 8,3%, offrant un cash-flow nettement supérieur aux standards français.
Cette diversification vous protège également contre les variations de votre marché domestique. Les rendements locatifs espagnols restent atteignables grâce à une demande locative soutenue et à l’absence d’encadrement des loyers dans la majorité des villes, contrairement aux contraintes réglementaires françaises qui plafonnent votre potentiel de revenus.
Les implications fiscales d’un double patrimoine France-Espagne
Détenir un patrimoine immobilier dans deux pays européens déclenche des obligations fiscales spécifiques dans chacun d’eux. La convention fiscale franco-espagnole, signée le 10 octobre 1995 et entrée en vigueur le 11 juillet 1997, organise la répartition du droit d’imposer entre les deux États et prévoit des mécanismes d’élimination de la double imposition.
La résidence fiscale et ses conséquences
Votre résidence fiscale détermine l’étendue de vos obligations déclaratives. Selon l’article 4 de la convention franco-espagnole, lorsqu’une personne physique pourrait être considérée comme résidente des deux États, une hiérarchie de critères s’applique. Vous êtes d’abord considéré comme résident de l’État où vous disposez d’un foyer d’habitation permanent. Si vous disposez d’un foyer permanent dans les deux pays, c’est l’État où se situe votre centre des intérêts vitaux qui l’emporte. En cas d’impossibilité de déterminer ce centre, le lieu de séjour habituel prévaut.
En Espagne, vous êtes résident fiscal si vous passez plus de 183 jours par année civile sur le territoire espagnol, ou si l’Espagne constitue le centre de vos intérêts économiques ou familiaux. Cette qualification détermine si vous déclarez vos revenus mondiaux ou uniquement vos revenus de source espagnole.
Les revenus locatifs : déclaration en France et en Espagne
Si vous êtes résident fiscal français et percevez des loyers d’un bien espagnol, vous devez déclarer ces revenus dans les deux pays. En Espagne, la déclaration s’effectue via le Modelo 210, qui détaille vos revenus locatifs bruts, les charges déductibles et la base imposable. Pour les biens loués, vous déclarez les loyers réellement perçus. Pour les biens non loués, vous devez déclarer un revenu fictif calculé sur la base de la valeur cadastrale, soit 1,1% pour les biens dont la valeur cadastrale a été révisée au cours des dix dernières périodes d’imposition, ou 2% pour les autres.
En France, vous reportez ces revenus via le formulaire 2047, qui sert à indiquer les revenus de source étrangère. La somme à déclarer correspond à la base imposable calculée en Espagne, reportée dans les cases 5EY ou 5FY selon la personne concernée. Cette déclaration remplit automatiquement la case 8TK de votre déclaration principale.
Le mécanisme du crédit d’impôt
La convention fiscale prévoit que les revenus immobiliers sont imposables dans l’État où se situe le bien. Toutefois, pour éviter la double imposition, la France accorde un crédit d’impôt égal au montant de l’impôt français correspondant à ces revenus. Cette méthode équivaut à une exonération avec progressivité : vos loyers espagnols sont pris en compte pour calculer votre taux d’imposition global, mais vous ne payez pas d’impôt supplémentaire en France. Le crédit d’impôt neutralise ainsi l’imposition française tout en maintenant l’effet de progressivité sur vos autres revenus.
L’IFI français et l’impôt sur le patrimoine espagnol
Si vous êtes résident fiscal français, votre patrimoine immobilier mondial entre dans l’assiette de l’IFI, y compris vos biens espagnols, dès lors que votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d’euros. Les non-résidents français ne déclarent à l’IFI que leurs biens situés en France.
En Espagne, les non-résidents sont soumis à l’impôt sur le patrimoine pour les biens situés sur le territoire espagnol. Une exonération minimale de 700 000 euros s’applique. Si la valeur de vos actifs en Espagne dépasse ce montant, vous devez remplir une déclaration avant le 30 juin de l’année suivant l’exercice fiscal concerné. Lorsqu’un bien entre dans l’assiette française et a supporté un impôt sur la fortune espagnol comparable, une imputation peut être admise sur l’IFI français, dans certaines limites.
Financer un deuxième investissement immobilier en Espagne
Financer un second bien pour investir en Espagne quand vous possédez déjà un patrimoine français nécessite une stratégie de financement adaptée. Les banques françaises ne peuvent pas prendre d’hypothèque directement sur un bien situé à l’étranger, ce qui oriente les investisseurs vers des montages spécifiques.
Utiliser la capacité d’emprunt de votre bien français
Le prêt de trésorerie hypothécaire mobilise la valeur de votre patrimoine existant en France. Les établissements bancaires acceptent de financer votre projet espagnol en prenant une garantie sur votre bien français. Vous pouvez obtenir jusqu’à 70% de la valeur du bien possédé en France et mis en garantie.
Concrètement, si vous détenez une maison estimée à 300 000 euros sans crédit en cours, vous empruntez environ 210 000 euros avec une quotité de 70%, ou 150 000 euros avec une quotité de 50%. Cette enveloppe finance ensuite l’acquisition en Espagne. Si votre bien vaut 500 000 € avec un capital restant dû de 80 000 €, la banque peut vous prêter jusqu’à 350 000 € (70% de 500 000 €), dont elle déduit le rachat du crédit existant, soit 270 000 € disponibles pour votre investissement espagnol.
Les taux d’intérêt français restent plus attractifs que les taux étrangers, particulièrement pour les non-résidents. En France, ils avoisinent 1% sur 20 ans, alors qu’ils atteignent environ 2% en Espagne. Par ailleurs, les banques françaises financent jusqu’à 90% d’un projet, contre seulement 60 à 70% en Espagne pour les non-résidents.
Les options de financement en France pour acheter en Espagne
Le prêt personnel non affecté constitue une alternative si vous ne souhaitez pas engager de garantie hypothécaire. Cette solution permet d’emprunter sans fournir de garantie sur un bien immobilier. Toutefois, les montants disponibles restent limités à 75 000 € maximum, avec une durée de remboursement entre 3 mois et 12 ans.
Le prêt Lombard représente une option élégante pour les investisseurs disposant d’actifs financiers. Vous nantissez votre assurance-vie, PEA ou compte-titres auprès de la banque en échange d’une ligne de crédit. La banque vous prête entre 50% et 100% de la valeur de vos placements selon leur profil de risque. Cette solution préserve votre épargne qui continue de produire des intérêts tout en finançant votre acquisition.
Les prêts bancaires espagnols pour non-résidents
Les banques espagnoles proposent des prêts hypothécaires aux non-résidents, avec des conditions spécifiques. Le financement se limite à 60% ou 70% du prix d’achat ou de la valeur d’expertise (la plus basse des deux). Votre apport personnel doit couvrir 30 à 40% du budget global[124], sachant que les frais d’acquisition (taxes, notaire, avocat) représentent 12% à 15% supplémentaires non financés. Autrement dit, votre apport total avoisine les 45%.
Les taux d’intérêt pour non-résidents démarrent autour de 2% à 2,5%, majorés de 0,2 à 0,4% par rapport aux résidents. La durée de remboursement varie entre 15 et 25 ans, avec une limite d’âge à 75 ans en fin de prêt. Les banques contrôlent strictement votre taux d’endettement, qui ne doit pas excéder 35% de vos revenus nets, tous crédits confondus.
L’obtention du NIE (Numéro d’Identification Étranger) reste indispensable avant toute opération[131]. Les banques espagnoles mandatent systématiquement un expert indépendant pour la tasación (évaluation du bien), qui détermine le montant maximum finançable. La pré-approbation bancaire devient cruciale en Espagne, car les compromis de vente ne comportent pas de clause suspensive de crédit.
Santander, CaixaBank, BBVA et Sabadell figurent parmi les établissements ouverts aux clients internationaux[132]. Tous vos documents nécessitent une traduction officielle en espagnol.
Le levier du compte courant d’associé en SCI
Si vous détenez votre patrimoine français via une SCI, le compte courant d’associé offre une souplesse de financement. Il s’agit d’un prêt consenti par un associé à la société, remboursable à tout moment sauf clause contraire[152]. Cette avance peut financer l’acquisition d’un bien immobilier.
Les intérêts perçus sont soumis à la flat tax de 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de cotisations sociales). Pour la SCI, ces intérêts restent déductibles du résultat à condition qu’ils n’excèdent pas le taux plafond, fixé à environ 1,18% en 2021. Cette solution présente une rapidité de mise en œuvre supérieure à une augmentation de capital, sans modifier la répartition des parts sociales.
En pratique, ce mécanisme convient particulièrement aux associés disposant de liquidités personnelles qu’ils souhaitent mobiliser temporairement pour financer le projet espagnol de leur structure patrimoniale.
Où investir en Espagne selon votre stratégie patrimoniale
Choisir où investir en Espagne dépend directement de vos objectifs patrimoniaux. La rentabilité brute moyenne s’établit à 6,7% selon le rapport Idealista du premier trimestre 2026, mais les écarts entre villes créent des opportunités d’investissement très différentes selon la localisation.
Les zones à fort rendement locatif
Murcie arrive en tête avec une rentabilité moyenne de 7,5%, portée par des prix d’achat accessibles et une demande locative solide. La ville attire une population jeune grâce à son coût de la vie compétitif, sa croissance urbaine et sa connexion avec la côte méditerranéenne. Le marché reste moins tendu que dans les autres capitales, avec des ratios achat-location favorables.
Ségovie et Lleida affichent 7,3% de rentabilité. La proximité de Ségovie avec Madrid stimule la demande résidentielle depuis l’essor du télétravail. Huelva, Jaén et Castellón de la Plana maintiennent 7,2%, tandis que Lugo, Zamora, Huesca et Almería oscillent entre 6,7% et 6,9%. Ces villes partagent des prix d’entrée accessibles et une pression immobilière faible.
Les marchés premium pour la valorisation
Madrid, Barcelone, Valence, Malaga et Palma de Majorque constituent les marchés les plus solides pour un placement à long terme. Ces villes bénéficient d’une demande structurelle, d’un bassin économique robuste et d’une forte liquidité à la revente. Madrid offre une sécurité patrimoniale maximale, Barcelone conserve une attractivité mondiale. Les Baléares et les Canaries ciblent une clientèle fortunée avec des prix exceptionnellement élevés, maintenus par une offre restreinte et des limitations de permis de construire.
Les villes émergentes à potentiel
Valencia connaît une croissance économique constante dans la technologie, l’énergie renouvelable et le tourisme. Les prix restent 35% inférieurs à leurs niveaux de 2007, avec des quartiers comme Ruzafa et El Cabanyal bénéficiant de projets de rénovation urbaine. Malaga attire une population croissante grâce à son climat et ses infrastructures modernes, avec des locations en hausse de 17,2% sur un an. Séville combine patrimoine culturel et projets d’infrastructure, tandis qu’Alicante profite d’une forte demande étrangère et d’un développement des infrastructures.
Adapter le choix géographique à votre projet
Pour maximiser le rendement immédiat, privilégiez Murcie, Lleida ou Castellón. Pour une valorisation patrimoniale, orientez-vous vers Madrid ou Barcelone malgré des rendements plus faibles. Les villes émergentes comme Valencia ou Malaga offrent un équilibre entre cash-flow et potentiel de plus-value, adapté aux investisseurs recherchant croissance et stabilité.
Choisir la bonne structure juridique pour détenir deux patrimoines
La structure juridique choisie pour détenir votre bien espagnol impacte directement votre fiscalité, vos coûts de gestion et votre transmission patrimoniale. Chaque montage présente des avantages selon votre profil d’investisseur.
Détention en nom propre : avantages et limites
Acheter en nom propre convient aux primo-investisseurs ou aux résidences secondaires. La simplicité administrative reste l’atout majeur. Néanmoins, la fiscalité devient contraignante avec plusieurs biens. Les non-résidents européens supportent l’IRNR à 19% sur les revenus locatifs, avec des charges déductibles limitées (intérêts d’emprunt, copropriété, réparations). Les résidents hors UE ne bénéficient d’aucune déduction. Pour les résidents espagnols, l’IRPF s’applique selon un barème progressif, avec un abattement atteignant 50% sur les loyers nets pour les contrats longue durée conclus en 2025.
La SCI française pour acheter en Espagne
Utiliser une SCI française pour investir dans l’immobilier en Espagne constitue un piège fiscal majeur. L’Espagne ne reconnaît pas la transparence fiscale des SCI françaises. Pour le fisc espagnol, votre SCI représente une entité étrangère opaque, déclenchant une double imposition : la SCI paie l’impôt espagnol sur les bénéfices, puis les associés sont imposés en France lors de la distribution des dividendes. De plus, vous perdez le bénéfice du taux IRNR à 19% applicable aux particuliers. Dans certains cas, la SCI peut être soumise au GEBI (impôt spécial sur les biens d’entités non-résidentes) de 3% sur la valeur cadastrale, bien que la convention fiscale franco-espagnole puisse l’atténuer.
Néanmoins, la SCI française reste légale pour acquérir en Espagne. Elle facilite la transmission patrimoniale : vous transmettez des parts de SCI plutôt qu’un bien immobilier. Si vos héritiers ont été intégrés dans la SCI via donation de nue-propriété, ils n’auront pas à comparaître devant notaire espagnol pour la succession. La structure évite l’indivision classique et centralise la gestion. Par ailleurs, un gérant unique représente la société, simplifiant les décisions.
Les contraintes administratives s’alourdissent considérablement : obtention du NIF pour la SCI, traductions officielles avec apostille, frais supplémentaires d’environ 1000 €, délais allongés et fiscalité technique à gérer entre les deux pays.
Le montage avec holding pour les entrepreneurs
La holding offre une solution optimisée pour les entrepreneurs souhaitant investir en Espagne. Ce montage évite la ponction fiscale liée à la distribution de dividendes. En créant une holding, votre société opérationnelle prête directement les fonds à une SCI, qui acquiert le bien espagnol. Vous contournez la flat tax de 30% normalement applicable sur les dividendes.
Concrètement, vous mobilisez les liquidités d’entreprise pour investir dans l’immobilier sans extraction préalable des bénéfices. La holding facilite le transfert de fonds entre vos sociétés et structure efficacement votre patrimoine professionnel et immobilier.
Comparatif des structures selon votre situation
Le choix dépend de votre patrimoine et de vos objectifs. Pour un patrimoine inférieur à 500 000 euros, privilégiez l’achat en nom propre ou une assurance-vie pour leur simplicité et coût réduit. Entre 500 000 et 2 millions d’euros, la société holding ou l’assurance-vie luxembourgeoise devient pertinente. Au-delà de 2 millions d’euros avec enjeux successoraux, les structures avancées (trust, fondation) s’imposent.
En Espagne, créer une Sociedad Limitada (SL) se justifie uniquement pour un investissement purement locatif de plusieurs biens (3 ou plus), avec un patrimoine élevé nécessitant une optimisation successorale. Le taux d’IS espagnol s’établit à 25%, avec un taux réduit à 15% les deux premiers exercices bénéficiaires. Toutefois, les coûts de gestion annuels oscillent entre 1000 et 2500 euros, incluant la comptabilité obligatoire et les honoraires du gestor. Pour les résidents soumis à l’IRPF, la SL ne devient intéressante qu’au-delà de 40 000 euros de bénéfices nets annuels.
Les démarches administratives pour un propriétaire français
Acquérir un bien immobilier en Espagne déclenche des obligations administratives spécifiques que vous devez anticiper avant la signature.
NIE et NIF : les identifiants obligatoires
Le NIE (Número de Identidad de Extranjero) constitue le sésame obligatoire pour acheter un bien immobilier en Espagne. Ce numéro d’identification fiscal permanent se compose d’une lettre (X, Y ou Z), sept chiffres et une lettre de contrôle. Vous l’obtenez auprès des commissariats de police en Espagne ou via le consulat espagnol en France. Le coût s’élève à 9,84 € via le formulaire 790-012. Le NIE reste valable à vie.
Le NIF (Número de Identificación Fiscal) représente un identifiant provisoire délivré par les notaires lors d’achats urgents. Toutefois, vous devrez ensuite régulariser votre situation avec un NIE. Pour les particuliers étrangers, le NIF correspond au NIE utilisé dans un contexte fiscal.
Ouverture d’un compte bancaire espagnol
Ouvrir un compte bancaire espagnol facilite les transactions et simplifie le paiement des factures. Pour un compte non-résident, vous fournissez votre passeport, NIE, certificat de non-résidence, justificatif de domicile étranger et numéro d’identification fiscale de votre pays. Les quatre principales banques espagnoles sont Santander, BBVA, CaixaBank et Sabadell.
Les déclarations fiscales croisées
La convention fiscale franco-espagnole du 10 octobre 1995 organise la répartition du droit d’imposer entre les deux États. Vous déclarez vos revenus locatifs espagnols via le Modelo 210 en Espagne et le formulaire 2047 en France. Les contribuables français doivent déclarer leurs comptes étrangers sous peine d’une amende de 1 500 € par compte non déclaré.
Le rôle de l’avocat et du notaire
En Espagne, le notaire représente les intérêts de l’État, pas les vôtres. Il authentifie l’acte, atteste votre identité et collecte les impôts. L’avocat vérifie la titularité du bien, l’absence de dettes, la conformité urbanistique et vous accompagne dans l’obtention du NIE et l’ouverture du compte bancaire. Il rédige le compromis de vente et organise la signature.
Optimiser la fiscalité entre vos biens français et espagnols
L’optimisation fiscale entre vos patrimoines français et espagnol repose sur quatre leviers déterminants que vous activez selon votre stratégie d’investissement.
Arbitrer entre location longue durée et saisonnière
Le choix du type de location modifie radicalement votre fiscalité espagnole. La location longue durée destinée à la résidence principale du locataire bénéficie d’un abattement de 60% sur les revenus nets. Sur 27 600 € de loyers annuels avec 20% de charges, votre base imposable chute à 11 040 € contre 22 080 € en location saisonnière. À 19% d’IRNR pour les résidents UE, vous payez 2 097 € au lieu de 4 195 €, soit 2 098 € d’économie annuelle. En pratique, la location courte durée exige une licence touristique obligatoire avec des amendes atteignant 150 000 € sans autorisation.
Les charges déductibles en Espagne
Les résidents UE déduisent leurs charges au prorata de la période locative: intérêts d’emprunt, IBI, assurance habitation, copropriété, réparations et entretien. Les résidents hors UE supportent l’IRNR à 24% sur le revenu brut sans aucune déduction possible.
L’amortissement du bien espagnol
Vous déduisez 3% par an de la valeur de construction hors terrain. Sur un bien à 200 000 € dont 150 000 € de construction, l’amortissement annuel atteint 4 500 €, réduisant significativement votre base imposable.
Stratégies pour minimiser l’impact de l’IFI
Les résidents fiscaux français déclarent leur patrimoine immobilier mondial à l’IFI au-delà de 1,3 million d’euros. Vous déduisez les emprunts en cours de l’assiette imposable. L’impôt espagnol sur le patrimoine payé génère un crédit imputable sur l’IFI français dans certaines limites.
Les points clefs à retenir pour investir sereinement
Investir dans l’immobilier en Espagne lorsque vous détenez déjà un patrimoine français exige une préparation rigoureuse. Les frais d’acquisition oscillent entre 10% et 15% du prix d’achat, une enveloppe que vous devez provisionner en plus de votre apport personnel. En effet, les banques espagnoles financent 60% à 70% de la valeur pour les non-résidents[433], nécessitant un apport substantiel d’au moins 30 à 40%.
Le NIE reste le document incontournable pour toute transaction. Sans ce numéro, aucune signature n’est possible. Par ailleurs, l’accompagnement par un avocat indépendant sécurise votre acquisition en vérifiant le Registre de la Propriété, les charges impayées et la conformité urbanistique. Le notaire espagnol n’effectue pas ces vérifications de fond, contrairement à la pratique française.
La fiscalité des non-résidents impose des déclarations dans les deux pays. Toutefois, la convention fiscale franco-espagnole élimine la double imposition. Vous devez anticiper ces obligations dès la phase projet pour optimiser votre rentabilité. En pratique, sous-estimer les coûts de travaux ou ignorer les restrictions sur la location touristique constituent les erreurs les plus coûteuses. L’investissement transfrontalier récompense la préparation méthodique et l’expertise professionnelle.
FAQs
Q1. Puis-je acheter un bien immobilier en Espagne si je suis déjà propriétaire en France ? Oui, vous pouvez tout à fait acquérir un bien en Espagne même si vous possédez déjà un patrimoine immobilier en France. La seule obligation administrative est d’obtenir un NIE (Numéro d’Identification d’Étranger), indispensable pour finaliser toute transaction immobilière, ouvrir un compte bancaire espagnol et effectuer vos démarches fiscales.
Q2. Comment fonctionne la fiscalité si je perçois des loyers en Espagne tout en étant résident fiscal français ? Vous devez déclarer vos revenus locatifs espagnols dans les deux pays. En Espagne via le Modelo 210, et en France via le formulaire 2047. Pour éviter la double imposition, la France applique un crédit d’impôt équivalent à l’impôt français sur ces revenus, ce qui neutralise l’imposition française tout en maintenant l’effet de progressivité sur votre taux global.
Q3. Quelles sont les erreurs courantes à éviter lors d’un achat immobilier en Espagne ? Les principaux pièges incluent : négliger la vérification des titres de propriété au Registre, mal interpréter le rôle du notaire espagnol (qui ne vérifie pas la situation juridique du bien), sous-estimer les frais d’acquisition (10 à 15% du prix), ignorer les restrictions sur la location touristique sans licence, et ne pas se faire accompagner par un avocat indépendant pour sécuriser la transaction.
Q4. Que risque-t-on en ne déclarant pas ses revenus locatifs espagnols ? Le non-respect de vos obligations déclaratives en Espagne expose à des sanctions financières importantes. L’Agencia Tributaria applique des amendes, des majorations et des intérêts de retard sur les sommes non déclarées. De plus, en France, la non-déclaration de comptes bancaires étrangers entraîne une amende de 1 500 € par compte non déclaré.
Q5. Quel type de financement est le plus avantageux pour acheter en Espagne quand on possède déjà un bien en France ? Le prêt hypothécaire français avec garantie sur votre bien existant offre les meilleures conditions : taux autour de 1% contre 2% en Espagne, financement jusqu’à 70% de la valeur du bien français, et possibilité d’emprunter jusqu’à 90% du projet. Cette solution est plus avantageuse que les prêts espagnols pour non-résidents, limités à 60-70% avec des taux supérieurs.







