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Les impôts et la fiscalité en Espagne

Impôts, plus-values, taxes locales : découvrez comment fonctionne la fiscalité espagnole et comment optimiser vos investissements immobiliers.

La fiscalité en Espagne : ce que tout investisseur francophone doit savoir

Acheter un bien immobilier en Espagne, que ce soit pour y vivre, y passer quelques mois par an ou investir dans le locatif, séduit de nombreux francophones. Climat agréable, coût de la vie inférieur à la moyenne européenne, dynamisme du marché immobilier — notamment en Andalousie — tout semble favorable.
Mais derrière cet engouement, une réalité s’impose : la fiscalité espagnole est à la fois complexe, décentralisée et très différente du modèle français. Bien la comprendre est indispensable avant tout projet d’achat.

Comprendre votre résidence fiscale en Espagne et ses conséquences

Le premier point fondamental lorsque vous achetez un bien en Espagne est de déterminer si vous serez considéré comme résident fiscal ou non-résident. Ce statut conditionne l’ensemble de votre régime d’imposition.

En Espagne, vous êtes considéré comme résident fiscal si vous passez plus de 183 jours par an dans le pays, si le centre de vos intérêts économiques s’y trouve, ou encore si votre foyer fiscal (famille, revenus principaux) y est localisé. Dans ce cas, vous êtes imposable en Espagne sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, qu’ils soient d’origine espagnole ou étrangère.

À l’inverse, si vous vivez principalement en France ou ailleurs et ne séjournez que ponctuellement en Espagne, vous serez non-résident fiscal espagnol. Dans ce cas, seule la partie de vos revenus de source espagnole sera soumise à l’impôt espagnol : loyers perçus d’un bien situé en Espagne, plus-values lors de la revente, ou encore un revenu théorique si le bien n’est pas loué.

Prenons un exemple : vous achetez un appartement à Grenade que vous louez toute l’année, mais vous vivez et travaillez à Bruxelles. Vous serez considéré comme non-résident fiscal espagnol, et ne serez imposé qu’au titre des revenus générés en Espagne. En revanche, si vous passez la majorité de l’année dans ce bien, l’administration espagnole pourrait estimer que vous êtes devenu résident fiscal.

Cette distinction n’est pas anodine. Elle influence non seulement la nature des impôts dus, mais aussi leur taux, les obligations déclaratives et les éventuelles déductions possibles.

Les principaux impôts liés à la propriété immobilière en Espagne

Que vous soyez résident ou non, posséder un bien immobilier en Espagne vous expose à plusieurs impôts — certains nationaux, d’autres régionaux ou municipaux. Voici les principaux.

L’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR)

Même si votre bien n’est pas loué, l’administration espagnole considère qu’il génère un revenu fictif (ou imputé). Ce revenu est calculé en appliquant un pourcentage (généralement 1,1 % ou 2 %) de la valeur cadastrale du bien. Ce montant est ensuite imposé à un taux fixe :

  • 19 % si vous êtes résident d’un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse ;
  • 24 % pour les autres non-résidents.

Si le bien est loué, vous êtes imposé sur les loyers réellement perçus, selon le même taux. Les propriétaires résidents de l’UE peuvent déduire certaines charges (frais d’entretien, intérêts d’emprunt, taxes locales), tandis que les autres non-résidents ne bénéficient généralement d’aucune déduction.

L’impôt sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières

Lorsqu’un bien est loué, les loyers constituent un revenu imposable. Lorsque vous vendez un bien, la plus-value immobilière (différence entre le prix d’achat et le prix de vente, après déduction des frais et investissements prouvés) est taxée à 19 % pour les non-résidents européens.
Une retenue à la source de 3 % est par ailleurs prélevée lors de la vente ; elle est ensuite régularisée en fonction du gain réel.

La plus-value municipale

Indépendamment de la plus-value immobilière, les municipalités espagnoles appliquent une taxe sur l’augmentation de la valeur du terrain — appelée plusvalía municipal. Son montant dépend de la durée de détention du bien et de l’évolution de la valeur cadastrale du terrain.

L’impôt foncier (IBI)

Chaque propriétaire en Espagne doit s’acquitter d’un impôt foncier annuel, l’Impuesto sobre Bienes Inmuebles (IBI). Cet impôt, comparable à la taxe foncière française, est calculé sur la base de la valeur cadastrale et son taux varie selon la commune, généralement entre 0,4 % et 1,1 %.

L’impôt sur la fortune (Impuesto sobre el Patrimonio)

Cet impôt s’applique aux personnes dont le patrimoine en Espagne dépasse un certain seuil (souvent 700 000 €). Les biens immobiliers entrent dans cette assiette. Les taux sont progressifs, de 0,2 % à 3,5 % selon la valeur du patrimoine et la région.
Certaines communautés autonomes ont supprimé ou réduit cet impôt afin d’attirer les investisseurs étrangers.

Les taxes liées à l’achat ou à la vente d’un bien

Lors de l’achat d’un bien d’occasion, vous payez la taxe de transmission patrimoniale (ITP), dont le taux dépend de la région ; il est de 7 % en Andalousie depuis 2021.
Pour un bien neuf, c’est la TVA (IVA) qui s’applique à 10 % (4 % pour certains logements sociaux), ainsi que l’impôt sur les actes juridiques documentés (AJD), entre 0,5 % et 1,5 %.

À ces taxes s’ajoutent les frais de notaire, d’enregistrement et, le cas échéant, les honoraires d’un avocat ou d’un gestor(agent administratif).

Fiscalité régionale : focus sur l’Andalousie

L’Espagne étant un État décentralisé, chaque communauté autonome dispose de sa propre politique fiscale. L’Andalousie, par exemple, se distingue par une fiscalité immobilière plutôt favorable aux investisseurs.

Le taux d’ITP à 7 % est l’un des plus bas d’Espagne. L’objectif de cette mesure était de stimuler le marché immobilier et d’attirer les acheteurs étrangers.
Le taux d’IBI, lui, varie d’une commune à l’autre : il peut être inférieur à 0,5 % dans certaines zones rurales et atteindre 1,1 % dans des villes comme Séville ou Malaga.

En revanche, l’Andalousie n’a pas supprimé l’impôt sur la fortune. Les propriétaires de biens de valeur élevée doivent donc en tenir compte dans leurs calculs de rentabilité.

Enfin, la région a mis en place des obligations spécifiques pour les propriétaires non-résidents, comme la désignation d’un représentant fiscal en Espagne. Ce représentant, souvent un avocat ou un comptable, est chargé d’assurer la communication avec l’administration fiscale et de garantir le respect des obligations déclaratives.

Ces spécificités montrent combien il est essentiel, avant tout achat, d’étudier le cadre fiscal au niveau régional et local, et pas uniquement national.

Stratégies d’optimisation et bonnes pratiques

Si vous envisagez d’investir en Espagne, plusieurs leviers vous permettent d’optimiser votre fiscalité sans enfreindre la loi.

Adapter l’usage du bien

La fiscalité d’un bien dépend fortement de son usage : résidence personnelle, location longue durée, ou location touristique.

  • Résidence secondaire : imposition sur revenu fictif (1,1 % à 2 % de la valeur cadastrale).
  • Location longue durée : loyers imposés, mais charges déductibles pour les propriétaires européens.
  • Location touristique : obligations plus lourdes (licence obligatoire, TVA éventuelle, déclarations régulières).

Bien choisir le mode d’exploitation du bien permet donc d’ajuster votre imposition.

Choisir la bonne localisation

Où acheter en Espagne ? Le choix de la région a un impact considérable. Madrid a pratiquement supprimé l’impôt sur la fortune ; l’Andalousie a abaissé l’ITP ; la Catalogne applique des taux plus élevés. Avant d’investir, il est donc judicieux de comparer les politiques fiscales locales.

Anticiper la revente

Lors d’une vente, la plus-value immobilière est imposée à 19 %. En conservant toutes les factures de travaux, honoraires, et frais liés au bien, vous pouvez réduire le montant de cette plus-value imposable.

De plus, la retenue de 3 % sur le prix de vente peut être partiellement récupérée lors de la déclaration fiscale, si la plus-value réelle est inférieure.

Éviter la double imposition

La France et l’Espagne ont signé une convention fiscale pour éviter la double imposition. En pratique, cela signifie que les impôts payés en Espagne sur un bien y restant imposable (revenus locatifs, plus-value) sont pris en compte en France sous forme de crédit d’impôt.
Toutefois, une mauvaise déclaration peut entraîner un redressement. Il est donc fortement conseillé de faire appel à un conseiller fiscal franco-espagnol capable de gérer cette coordination.

Les points clefs à retenir

La fiscalité espagnole est à la fois attractive et exigeante. Elle varie en fonction de votre statut de résidence, du type de bien, de son usage et de sa localisation.

Voici les principaux enseignements à retenir :

  • Statut fiscal : la distinction entre résident et non-résident détermine la quasi-totalité des obligations fiscales.
  • Impôts récurrents : tout propriétaire doit s’acquitter de l’IBI, et parfois de l’impôt sur la fortune.
  • Revenus locatifs : taux fixes de 19 % (UE/EEE) ou 24 % (hors UE).
  • Plus-values : imposées à 19 %, avec possibilité de déduction de certains frais.
  • Taxes à l’achat : TVA (biens neufs) ou ITP (biens anciens), variables selon les régions.
  • Andalousie : régime fiscal favorable, mais obligations administratives renforcées.
  • Convention France-Espagne : permet d’éviter la double imposition, mais nécessite une gestion rigoureuse.

En définitive, investir en Espagne reste une excellente opportunité pour diversifier votre patrimoine et générer des revenus locatifs intéressants — à condition d’avoir une parfaite maîtrise des règles fiscales locales.
Prendre le temps de structurer son projet, s’entourer d’un avocat et d’un conseiller fiscal expérimenté, et choisir la bonne région peuvent transformer un investissement prometteur en une réussite durable.

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